Vinicultrice : Vida Zalnieriunas

Vida ZalnieriunasVida ne peut pas affirmer avec exactitude à quel moment elle est devenue vinicultrice. Toutefois, elle sait que c’est en octobre 2001, alors que des grappes mûres pendaient des toutes premières vignes de riesling, qu’elle a subitement et rapidement endossé ce rôle.

Combien de tonnes de raisins a-t-elle dû trier à la main, presser et faire fermenter avant de passer du simple rôle de la personne qui fabrique le vin à celui de vinicultrice?

C’est peut-être arrivé au moment où elle demandait une énième question sur les vins du Niagara, de Colombie-Britannique et d’Argentine à son mentor et amie, Ann Sperling, qu’elle a établi un continuum entre sa vocation d’apprenante novice et celle d’une personne qui connaît bien le parcours du raisin, de la vigne à la bouteille : comment interpréter le raisin, goûter l’évolution de la saison à partir d’une gorgée, élaborer des stratégies et résoudre des problèmes sur-le-champ, et en arriver à suivre, dans la constance et avec élégance, les rhythmes annuels de la vinification.

Elle se souvient que lors des premières années, lorsqu’on lui demandait de partager sa philosophie de la vinification, elle se retenait de rire et de dire un truc du genre « Ça ressemble à un croisement entre Sartre et Confucius. » Mais comme les croyances et les comportements déteignent sur tout, elle a bien fini par en apprendre sur la vinification.

En tant que psychothérapeute (voire ancienne journaliste), Vida a une pensée très analytique. Si elle avait à se ranger dans une catégorie de vinicultrices, ce serait comme sage-femme, car elle s’appuie sur des processus naturels autant qu’elle le peut pour obtenir des produits francs et honnêtes. C’est ainsi qu’elle laisse les raisins se gorger de tous les rayons de soleil possible (une décision qui peut s’avérer angoissante!) tout en maintenant un ego en bonne santé, en ayant une perception juste et en faisant preuve de patience – des qualités qui ressortent dans chaque vin qu’elle produit, qu’il s’agisse d’un pinot noir tendance ou d’un gamay rafraîchissant.

Coviniculteur : Dave Frederick de l’entreprise The Strange Brewing Company

Dave FrederickAujourd’hui, Vida et Dave Frederick se répartissent les tâches vinicoles. Contrairement à Vida, un peu tombée dans le vin comme Obélix dans la potion magique, c’est la tête la première que David a plongé de son plein gré dans l’art de la vinification, en s’éloignant considérablement de la tour à bureaux où il trimait auparavant en tant que banquier.

Il a travaillé dans plusieurs caves à vin, de la Colombie-Britannique jusqu’en Ontario, ce qui lui a permis de développer un nez fin – le meilleur ami du viniculteur! – ainsi qu’une sensibilité romantique envers la courbe d’un tonneau de chêne, l’arôme enivrant d’un vin qui s’échappe lorsqu’on retire le bondon d’un tonneau ou les motifs qui se forment dans les bulles issues de la fermentation. À la différence de certains viniculteurs qui ne quittent jamais la cave, Dave aime passer la moitié de son temps dans les vignobles, là où la vie du vin s’amorce.

Dave est tout aussi passionné de bière. Si vous avez envie d’une bonne bière désaltérante et brassée avec soin lors de votre passage dans l’un des nombreux restaurants du Comté, n’hésitez pas à demander une pinte de bière produite par The Strange Brewing Company, la toute dernière aventure de Dave.